Lucy : “j’ai mis du temps pour me libérer”

14 juin 2011

Le temoignage de Lucy, une jeune femme de 30 ans.

En deux mots, qui es-tu ?
Pour le moment, je vis dans une petite ville en Bourgogne. Je suis en couple libre avec un artiste qui voyage souvent. Je m’occupe d’enfants.

Aujourd’hui, pour toi, la masturbation, c’est… ?
Quotidien. Ça me détend, m’aide à dormir, ou à passer une bonne journée. Après m’être masturbée, je suis calme, je me sent très bien dans ma peau. Ça peut aussi servir à soulager une envie pressante, un trop plein d’excitation et de pensées sexuelle. Mais c’est les mêmes effets. Comment tu t’y prends ? Petite, je me touchais avec un oreiller, mais aujourd’hui, c’est avec n’importe quel un objet doux : ma couette, un vêtement, etc. Je me déshabille presque jamais, sauf quand je suis nue sous ma couette. Installée sur le dos ou parfois sur le ventre, je presse la couette où le tissu sur mon pubis avec les mains, en formant un V. Je ne touche pas mon clito, car il est hyper sensible, ou alors en l’effleurant doucement. Bref, je me touche par contact indirect sur mon clitoris en pressant.

Quand as-tu commencé ?
J’ai des souvenir précis vers 8 ans, mais ça date peut-être d’avant. Mon père n’avait surprise dans ma chambre en train de me frotter sur un traversin. Il m’avait demandé si c’était bon, d’un air amusé. Je crois que c’est aussi vers cet âge-là que je regardais les catalogues de la Redoute, aux pages lingerie hommes et femmes. J’imaginais des hommes tenus en laisse par des femmes, c’était assez animal. Ce que je ne savait pas être des fantasmes à cette époque ! J’ai été très précoce, finalement…

Et plus tard ?
Durant l’adolescence, je me masturbais très souvent, soit par ennui, soit par pulsion, car je pensais au sexe très fréquemment, et aux garçons encore plus. J’avais beaucoup de mal à me concentrer en classe et mon esprit vagabondait souvent sur des choses et d’autres. Après ma première expérience avec un garçon, mon envie n’a pas changée. Sauf que j’avais alors 18 ans et que j’étais mariée !

Comment ça ?
J’ai eu une éducation religieuse. Le sexe était un tabou, quelque chose de sale. On m’avais appris au catéchisme que c’était mal de se masturber. À 17 ans j’avais honte de ne pas pouvoir m’arrêter de de le faire ! D’une d’une façon générale, dans mon entourage, vivre une sexualité libre et affranchie est une insulte à la morale chrétienne. Ado, j’ai du faire mon éducation sexuelle avec des magazines de filles, où avec les ragots des autres filles. J’ai mis du temps pour me libérer. Ma première fois, c’était à 18 ans, avec mon futur mari ; nous n’étions pas encore marié et j’étais catastrophée ! Une connaissance est venu me parler et m’a dit “tu crois que Dieu aurais créé le sexe pour nous punir ensuite de le faire ?” Ça m’a soulagée.
Avec mon mari nous avons donc commencé à explorer des trucs. Mais je n’étais pas encore tout à fait libérée. Nous avons fini par divorcer, puis, après quelques petites aventures, j’ai rencontré le père de mon dernier enfant, un dragon destructeur. Il a dit que je m’étais comporté comme une pute, que e devais avoir honte d’avoir coucher comme ça avec d’autres hommes. Pour lui plaire, j’ai renoncé à ma féminité, à mes pulsions. Je suis resté enfermée en moi pendant cinq ans.
Ce n’est qu’en 2009 qu’un psychologue a posé des mots sur ce que je vivais avec lui. C’est à cette époque je suis aller voir du coté des libertins. J’ai découverte que ces hommes et femmes étaient équilibrés, épanouis et sains d’esprit. Dans la foulée, j’ai quitté mon ex. Je me suis enfin senti autorisé à vivre, j’étais libre, libre de faire ce que je voulais, de vivre ma sexualité et mes fantasmes comme bon me semblait. Aujourd’hui je vis très bien, j’assume ma sexualité, je n’ai aucune honte ni culpabilité.

Ton histoire t’a conduit à être aujourd’hui plus ouverte que la moyenne sur la question de la masturbation, et du sexe en général ?
Les filles en parlent plus qu’avant, je pense. Mais beaucoup de jeunes femme ont encore du mal avec le plaisir. De ce point de vue, l’âge est un avantage indéniable : on ose plus à 30 ans qu’à 20, car on sait qui on est, ce qu’on veut ou pas, on à appris à se connaître et on s’est libéré des tabous. On à perdu en naïveté pour y gagner en expérience.

La masturbation t’a-t-elle aidée à mieux connaître ton corps ?
Depuis quelque temps, oui.. Je commence à ressentir des choses que je n’avais pas ressenties auparavant, comme serrer mon périnée en me masturbant jusqu’à jouir tellement que mon utérus ce contracte (sic). Qui dit spasme, dit super orgasme ! Je me souviens d’un qui m’a laissé complètement décontractée durant une heure.

C’est comment, tes orgasmes, quand tu te masturbes ?
Quand je me touche, je sens comme une montée de plaisir, l’impression de gravir un escalier, jusqu’à ce que j’explose… C’est une sensation de relâchement qui se diffuse très vite dans tout mon corps, me donne des frisson et la chair de poule jusque sur les jambes et fait battre mon coeur très fort dans ma poitrine !

Se masturber, c’est meilleur ou moins bon que faire l’amour ?
C’est différent. Se masturber, c’est pour soi. On sait que l’orgasme viendra quoiqu’on fasse. Faire l’amour, c’est partager quelque chose, être en relation. Ça n’aboutit pas toujours à un orgasme. C’est plus doux, plus apaisant que de se masturber, mais beaucoup moins orgasmique pour moi. Peut-être parce qu’il est plus facile de se laisser aller quand c’est soi -même ?

Quelle place occupe la masturbation dans ton couple ?
Aucun pour le moment, mais j’aimerai beaucoup le voir se toucher. Le voir se donner du plaisir m’exciterait pas mal et me donnerait envie à mon tour de le faire devant lui ! Mais on se découvre encore et on apprend à se connaître.. Mais avec d’autres partenaires, c’est un jeu que j’aime bien. J’ai un amant par tel, ou par web cam, on se regarde se masturber, et je demande qu’il me dise des mots cru.

Ha, tu fais des cam ?
Hoo, c’est juste un jeu qui pour moi est innocent, qui me permet de découvrir que je peux me lâcher et partager ça avec un autre. J’en discute avec des amis hommes sur msn, il arrive qu’ont se raconte nos fantasme et qu’on se touche en même temps. Mais je préfère par cam, car voir un sexe en érection sans pouvoir y toucher me donne très envie ! La dernière fois, c’était mardi avec un musicien. Il m’a envoyé une vidéo de lui en train de se toucher et on s’est masturbés au tel.

Hormis regarder des hommes se branler (ou même pendant), quand tu te masturbes, à quoi tu penses ?
J’imagine que je suis avec mon chéri et qu’il m’attache les seins pour mieux les lécher, ou qu’il me traite de salope. Ou que je suis entourée de deux hommes voir plus. Ils me prennent sauvagement et me traitent de bonne salope ou de bonne petite chienne ! Je repasse aussi les scènes déjà vécu. Tout est dans ma tête.

Et le porno ?
J’aime bien. Je regarde des scènes de triolisme, ou des gang bang, où une femme se livre à cinq mec. Encore plus depuis que j’ai goûté a un vrai gang bang dans un célèbre sauna parisien ! J’aime bien aussi les dancing bear, un homme qui devient l’objet à baiser d’un groupe de femmes. Parfois je regarde des simulation de rapt, où on force la femme. Mais le porno, ce n’est pas systématique. C’est par période, quand je n’ai pas d’inspiration et que j’ai besoin de visuel pour mes propres fantasmes.

Les sextoys, tu en penses quoi ?
Qu’ils aident à découvrir et à ressentir certaines sensations méconnues. Mais j’aimerais un jour essayer un vrai vibro, qui vibre plus que celui que j’ai (un “oeuf”, qui ne vibre vraiment pas très fort). Mon idéal ce serait des vibrations dignes d’un moteur de bus ! Qui soit plus puissant afin que je puisse ressentir les vibrations dans mon vagin. Je suis clitoridienne, mais je ressens des choses très agréable dans le vagin que je ne ressentais pas avant, comme plus de plaisir à la pénétration quand mon partenaire fait des ronds de bassin !

Pour finir, quel est ton terme préféré pour parler de la masturbation ?
Me branler. Ça a un côté un peu masculin, mais j’ai grandi dans un univers de garçons. Et je crois que j’ai un coté un peu masculin : ) Merci pour ton témoignage !

N : je prends rarement l’initiative de me masturber sans avoir été tentée par quelque chose

20 avril 2011

Les beaux jours reviennent, et avec eux les filles toutes émoustillées… et donc, les témoignages : ) Aujourd’hui, N., une jolie marseillaise de 23 ans, se livre en toute sincérité.

N., quelle place occupe pour toi la masturbation à l’heure actuelle ?
J’ai une perception particulière de la masturbation. Je dirais que c’est le moyen le sûr de jouir, et le moyen le plus pratique et le plus agréable de prendre du plaisir. Mais je n’ai pas une libido très développée : même si j’adore le sexe, j’ai peu d’envie spontanées. C’est le désir de l’autre qui éveille le mien. Quand je n’ai pas d’amant, ça ne me manque pas. Donc je prends rarement l’initiative de me masturber sans avoir été tentée par quelque chose. Une conversation érotique, une rencontre, etc. peuvent vite me donner envie de me toucher, de jouir, les sensations en sont physiques…

Ça dépend beaucoup de tes rencontres, en fait ?
Oui. Il suffit que je rencontre un mec (ou une fille ^^) qui me plaise pour que j’aie les hormones qui me travaillent (Mais je ne ressent pas forcément le besoin de me masturber). Par contre, l’excitation des débuts d’une relation me met en “appétit”, je suis de bonne humeur, et j’ai envie de me faire plaisir. Et forcément, le plaisir vient en mangeant. Et inversement, quand je vais rompre ou quand je m’embrouille avec mon mec du moment, l’envie s’en va, et je ne me masturbe plus. Au final, ça va par périodes : il y a des moments où je me masturbe beaucoup  – deux à trois fois par jour –, et d’autres pas du tout.

À quel âge as-tu commencé ?
Je devais avoir 14-15 ans. Je ne me souviens pas exactement comment, mais j’avais compris que mon clito était sensible et que me toucher en pensant à des choses sexuelles me faisait jouir. Je piquais les BD porno dans la bibliothèque de la maison, j’avais découverte les photos et les vidéos porno sur internet, je regardais des passages de film dans lesquels il y avait des scènes érotiques. En y repensant, j’étais beaucoup plus active quand j’étais jeune !

Comment ça a évolué avec le temps ?
A 17 ans, j’ai rencontré mon premier “amoureux”. Pas le premier garçon que j’embrassais, le premier avec qui j’ai vécu une vraie histoire, le premier avec qui j’ai couché, le premier et le seul avec qui j’ai vraiment été en couple, pendant quatre ans et demi . La masturbation, quand tu découvre l’amour à deux, ça n’a plus la même saveur ! Il m’arrivait de me masturber quand je ne ne le voyais pas, mais j’ai rarement eu recours à ce plaisir quand j’étais avec lui – quelques fois, quand il faisait la gueule devant la télé et moi dans le lit –. Il faut dire que la masturbation est utile quand t’es seule, mais en couple, il faut bien que les hommes servent à quelque chose de temps en temps : )

La masturbation a-t-elle changé la façon dont tu vois ton corps ?
Absolument pas. Je suis une sportive. Équitation, natation, athlé, volley, fitness, des sports qui taillent et qui confrontent au regard des autres, filles ou garçons. Mon apparence et mon physique sont une obsession pour moi, je suis très exigeante et j’ai donc conscience de mon corps. Je le connais et je le perçois, avec ses défauts et ses qualités. La masturbation change peut être la façon d’obtenir l’orgasme, mais ça ne change en rien la manière de voir son corps. Du moins pas pour moi !

Que t’a apporté la masturbation dans tes rapports sexuels ?
La masturbation permet de savoir exactement ou et quoi stimuler. En découvrant petit à petit ce qui me fait monter, je maîtrise le moment où je jouis pendant l’acte. Sauf en cas d’excitation très intense, je ne jouis jamais sans me toucher. D’ailleurs, quand je suis avec un mauvais coup, je ne fais même pas l’effort de me toucher. Je profite et je prends mon pied, mais pas au point de me masturber pour jouir. En revanche, si le mec en vaut la peine et qu’il perçoit ce qui me plaît sexuellement, j’ai envie de te dire que “j’envoie les doigts” ! Je ne sais pas pourquoi, ça les rend fous qu’une nana se touche pendant qu’elle se fait baiser, d’ailleurs.

Mais au final, ça aide, ou pas ?
Ça rend juste très – voire trop –  exigeante.  Je sais exactement ce qui me fait jouir, j’ai donc plus de mal à me laisser aller pendant l’acte :  je suis focalisée sur la sensation que j’ai quand je me touche. Je la recherche et je ne me concentre pas sur ce que j’ai entre les jambes à ce moment là… Sachant que je suis clitoridienne, si le mec ne fait pas un minimum attention à moi, je ne vais rien ressentir, à part peut être sa queue, mais ça sera sans saveur, mécanique. Alors qu’avec un tout petit effort pour prendre le temps de s’arrêter sur mon clito, je décolle et je me lâche beaucoup plus.

Comment le sexe, et la masturbation en particulier, était-il abordé par ton entourage dans ta jeunesse ?
Même si l’éducation que j’ai reçue a été plutôt cool, la sexualité n’était jamais abordée en famille. Je suis l’aînée de trois enfants, donc je n’ai pas eu de sœur qui me racontait ses flirts ou ses premières expériences… Mes premières armes, je les ai faites en autodidacte : les bd, les films, les sites pornos, et mes petites mains. Et puis mes flirts, plus ou moins entreprenants, avec mes premières caresses, mes premiers doigts, mes premières culottes mouillées. Et voilà, j’avais découvert la sensation, j’ai cherché à la recréer, j’ai pris conscience de ma féminité et des plaisirs en solo.

Tu assumes et tu en parles facilement ?
J’assume ma sexualité en général. Je n’ai pas de honte à en parler –  y compris de la masturbation -, si le contexte s’y prête. En revanche, je suis très discrète sur ma vie privée, les mecs que je fréquente, qui je baise, etc. Je trouve que socialement, le cul en général, donc la masturbation aussi, est un sujet privé, qui doit rester délicat et caché.

Les femmes pratiquent et parlent plus librement de masturbation qu’avant ?
Indubitablement. Le monde change et les sociétés mûrissent, la femme s’impose aux autres et à elle-même. La sexualité est tabou et le restera, moins qu’avant. Certains contextes permettent d’en parler et de « pratiquer » sans inhibition . Les soirées entre copines sont propices à ce genre de discussion. On se lâche, on parle de cul, de nos expériences, et comme on est toutes des handicapées de l’amour, les filles en arrivent forcément à parler de masturbation, puisqu’aucun mec ne s’occupe assez bien de nous !

Concrètement, comment aimes-tu te masturber, dans quelles conditions ?
Quand je suis tranquille, chez moi ou chez quelqu’un d’autre (jamais dans un lieu public, j’aime trop le confort et la propreté !). Dans le lit, devant la télé, avec l’ordi, tant que j’ai de quoi m’exciter visuellement ou mentalement…
J’aime être allongée sur le dos, confortablement installée. Je ferme les yeux, je m’imagine une scène hot. Je commence à me caresser et à me toucher délicatement. Le fait de penser à des scènes porno me fait mouiller, et le ressentir fait monter l’excitation. Je stimule mon clito par des mouvement circulaires et réguliers  – c’est tellement mécanique ! –, et je varie le rythme en fonction de mon excitation. Si je veux faire durer, j’évite de monter trop vite. Lorsque je sens que je vais jouir, j’introduis un ou deux doigts, juste pour avoir la sensation de pénétration.
Il m’arrive aussi de ma toucher le cul (ça reste cru, mais je ne vois pas d’autre mot !), car j’aime l’anal en général. Mais ça n’est pas vraiment pratique, on a déjà les mains pas mal occupées ! Donc je laisse ce plaisir à mon partenaire, quand j’en ai un.

Tu arrives facilement à l’orgasme en te masturbant ?
Systématiquement. Je ne me touche pas si ce n’est pas pour jouir. Je visualise une scène de cul dans ma tête ; j’adapte le scénario à mon humeur, plus ou moins long, plus ou moins trash, homme-femme, femme-femme, moi ou pas… L’orgasme est la ligne d’arrivée de ma masturbation. Pour peu que je sois très excitée, je vais jouir rapidement. Dans ce cas,  j’essaye de ralentir la cadence et de savourer la sensation, parce qu’une fois que j’ai joui, j’arrête tout. Ça passe de l’agréable au désagréable en fait. C’est rare que j’aie plusieurs orgasmes d’affilée.
Après m’être touchée, en général, les endorphines font effet de suite et je m’endors assez facilement

Les sextoys, tu en penses quoi ?
Je ne suis pas fan. J’ai un vibro, acheté par mon ex. Mais je l’utilise rarement. Je ne sais même pas s’il a encore des piles ! En fait, je ne suis pas du tout fantaisiste sexuellement. Que ce soit dans la pratique, dans les positions, dans les accessoires, je suis très classique. Je fais plus attention aux sensations qu’aux artifices. Donc les sextoys, à part pour la pénétration, je ne vois pas l’intérêt, et je trouve les vibro très incommodants : c’est soit trop lent soit trop rapide, ça fait du bruit, c’est frigide et raide !

Quand tu te masturbes, à quoi tu penses ? Aimes-tu avoir un support pour t’exciter ?
Je pense à des gens en train de faire l’amour, ou de baiser (la nuance a toute son importance : “faire l’amour” a une connotation douce par rapport au terme “baiser”. Baiser, c’est hard, c’est brutal, c’est violent, c’est impulsif. Faire l’amour, c’est calme, c’est doux, c’est intime.
Mais j’aime aussi regarder du porno de temps en temps, ou chatter sur mon téléphone. Pour être honnête, le sexe par discussion instantanée est ma nouvelle drogue. La masturbation remplace presque l’acte dans ce cas. C’est génial.

Une drogue  ?
C’est mon pêché mignon… Je n’ai pas beaucoup d’expériences, mais je sais que j’adore ça ! Les rencontres via internet son excitantes, intrigantes.  On peut se lâcher sans avoir peur de quoi que ce soit. Et on tombe souvent sur des personnes qui sont dans le même délire, il y a un vrai feeling, à croire que le hasard fait bien les choses. J’arrive à capter l’esprit du mec assez rapidement, et j’adapte mon ton et les mots que j’utilise à son caractère. Quand les discussions virent  érotiques, je peux presque ressentir la personne, j’en ai des contractions dans le ventre, et l’envie monte d’un coup. Impossible de ne pas la satisfaire !

Tu parlais aussi de porno…
Oui , mais c’est vraiment occasionnel, je ne suis pas une experte du porno. Disons que j’aime les films classiques, les actrices de Marc Dorcel sont des bombes atomiques. En ce qui concerne les scènes, peu importe, tant que c’est beau et bien fait, je suis très excitée. Je fois avouer que je suis une “faible” du porno : l’excitation monte trop vite, j’ai la culotte trempée en un rien de temps… Mais  comme un porno c’est long, j’ai le temps  de me faire monter jusqu’au bord, de redescendre et ainsi de suite pour me faire plaisir durant des heures !

La dernière fois que tu l’as fait, c’était quand, et c’était comment ?
La semaine dernière. Je parlais avec une amie via Whatsapp. Ça a dégénéré, on s’est lancé dans un échange virtuel et la pression est montée petit à petit, comme si je l’avais eu en face de moi. J’étais très excitée, j’ai mouillé comme une jeune première et j’ai pris mon pied en me touchant Ce n’était pas la première fois que je faisais ça par messagerie, mais c’était la première fois avec cette copine.

Pour finir, quel est ton terme préféré pour parler de la masturbation ?
Sans aucun doute « toucher ». « Se toucher » plus précisément. C’est le moins niais de tous les termes qui existent, du genre « se caresser », « se titiller », « chercher son bouton » (Si si, j’ai entendu ça un jour ! ). Le mot « masturber » est trop impersonnel, c’est juste une appellation pour moi. « Se branler », pour une nana, c’est INTERDIT. C’est masculin à mort, c’est moche, c’est brut, c’est grossier. Non vraiment, « se toucher » est le mot juste.

Tania : presque systématiquement avec un, voire deux sex-toys

30 décembre 2010

Aujourd’hui, le témoignage de Tania (ndlr : faux prénom, évidemment…), 24 ans, diplômée de journalisme mais en cours de reconversion. Elle habite et travaille en région parisienne. Enjoy !

Quelle place occupe pour toi la masturbation à l’heure actuelle ?

En ce moment c’est essentiel ! Séparée depuis deux mois c’est d’ailleurs ma seule vie sexuelle ces derniers temps…

À quel âge as-tu commencé ?

Je ne sais pas vraiment à quel âge j’ai commencé, mais relativement tard il me semble. En fait, avant d’avoir connu mon premier orgasme avec quelqu’un, à 19 ans, je ne voyais pas vraiment l’intérêt, et je n’ai pas souvenir de l’avoir fait plus jeune. J’ai commencé, parce qu’ayant découvert le plaisir à deux, quand mon amant n’était pas disponible et que j’avais envie, je ne voulais pas attendre. Par la suite ça a continué à être mon plaisir à moi, en plus de celui que nous avions ensemble.

Comment ça a évolué avec le temps ?

Au début je ne savais pas vraiment me faire plaisir toute seule, donc j’ai un peu « tâtonné » d’abord avec les doigts, en essayent de reproduire les mouvements qui me donnaient du plaisir pendant un rapport. Depuis, je me suis pas mal améliorée et je peux obtenir des orgasmes très forts, mais presque systématiquement en utilisant un, voire deux sex toys. J’ai un rabbit que j’utilise « à l’envers » pour stimuler surtout mon point G mais aussi légèrement l’anus, et un vibro que j’applique sur mon clitoris.

La masturbation anale, c’est encore plutôt tabou. Peux tu nous en parler ?

Comme pour la masturbation clitoridienne ou vaginale, c’est en découvrant ce plaisir à deux que j’ai eu envie de me l’offrir toute seule. Ce n’est pas systématique, mais ça aurait tendance à me donner des orgasmes plus intenses, courts mais très puissants voire violents, alors que sans, ce sont plutôt des orgasmes lents, doux  et longs…

Tu as l’air adepte des sextoys…

Je pense que sans eux je serai morte aujourd’hui ! Non, je plaisante, bien sûr, mais je trouve ça génial, en couple ou en solo, c’est vraiment très agréable, ça donne un petit truc en plus, parce que même le meilleur des amants n’a pas la langue ou les doigts aussi rapides que la vibration, et puis ça permet d’essayer de nouvelles choses, de libérer l’imagination aussi…

Mon premier sextoy, un rabbit, m’a été offert par mon ex (oui, toujours le même qui m’a donné mon premier orgasme !), puis j’en ai acheté d’autres soit pour les utiliser ensemble, soit pour moi toute seule : vibro classique, cockrings, boules de geisha, plug anal… et aussi quelques accessoires de jeu : menottes, lubrifiants parfumés, corde, bandeau, jeux érotiques, etc… Mais pas d’inquiétude pour vous, les hommes : un vibro ne remplace pas un vrai pénis, c’est juste différent !

Quand tu te masturbes, à quoi tu penses ?

En général je commence déjà par faire le vide des pensées de la journée (il faut que je rappelle untel, que je n’oublie pas ça, etc). Puis je laisse courir mon imagination, soit en repensant à des échanges de mots excitants, soit en visualisant un homme ou une femme que j’ai déjà vu, mais pas forcément nu. Des fois ce sont seulement des mains, un souffle dans ma nuque que je m’imagine, une poitrine contre la mienne mais sans visage défini, et ce qu’il ou elle me ferait.

Mais parfois c’est juste mécanique et c’est quand même très bon. Quand je dis mécanique, c’est que je n’essaye pas de me faire de scénarios, je me concentre uniquement sur mon ressenti, alors c’est peut-être le simple fait de me caresser moi-même qui m’excite, de sentir que je fais exactement ce qui me fait du bien…

D’où te vient l’envie de te masturber ?

Ça peut être une discussion qui fait monter l’envie, ou une scène un peu hot dans un film « normal » (pas nécessairement X) ; Parfois, je ne sais pas d’où me vient l’excitation, il suffit d’une pensée et je sens que j’ai envie, là, tout de suite…

Le porno, ça peut marcher ?

Les films pornos peuvent être un bon support les soirs où l’imagination est en berne. Ça m’arrive de temps en temps, mais ce n’est pas ce que je préfère, enfin surtout les pornos faits uniquement pour les hommes hétéros, qui sont souvent de piètre qualité et pas forcément sensuels ni érotiques (les gros plans gynécologiques enchaînés sur nichons siliconés, bof…). J’aime bien les scènes où les acteurs/trices prennent leur temps, qu’il s’agit plus au début de sensualité, qu’on sent un jeu s’installer, une ambiance qui s’électrise peu à peu avant de passer aux « choses sérieuses »

Et discuter avec des inconnus sur internet ?

Oui !! Avec ou sans perspective de rencontre, les mots échangés peuvent être terriblement érotiques et excitants, on sent le trouble de l’autre monter à travers ses paroles, on devine un pouls qui s’accélère… ça laisse pas mal de place à l’imagination et pas du tout à la déception ! J’aime bien faire monter la pression comme ça… et finir par la relâcher ^

Tu t’es déjà masturbée dans des situations un peu inhabituelles ?

La plupart du temps c’est chez moi, avant de dormir, dans mon lit. Mais quand les discussions deviennent très explicites sur internet en pleine journée, au bureau, il m’arrive de faire un saut aux toilettes pour un joli orgasme rapide qui soulage la tension sexuelle !

Y a-t-il des périodes où tu t’es masturbée plus qu’à d’autres ?

Oui, ces derniers temps, parce que je ne suis plus en couple et que je n’ai pas encore trouvé d’amant, donc c’est très fréquent : une à deux fois par jour… Surtout que la drague virtuelle est assez excitante ! Mais ça ne remplace pas l’action. Sinon, quand je suis en couple, je me masturbe moins, peut-être deux ou trois fois par semaine.

Est-ce que la masturbation a une place dans ta sexualité avec des partenaires ?

Ça n’a pas changé grand-chose à mes ébats, qui étaient déjà très bien avec les amants qui prenaient le temps de ressentir et d’écouter ce dont j’avais besoin.

Mais me masturber devant quelqu’un peut aussi être très érotique, ça a un côté un peu exhibitionniste qui n’est pas pour me déplaire. Et à deux, la masturbation mutuelle peut également être un préliminaire voire remplacer le rapport, c’est très sensuel d’être guidé, d’avoir l’impression de remplacer la main de l’autre, de lui procurer les caresses qu’il/elle se donne lui/elle-même habituellement.

Se masturber, c’est meilleur ou moins bon que faire l’amour ?

C’est différent. Des fois je peux me faire jouir vraiment très vite, en deux ou trois minutes, juste pour me faire un petit plaisir avant de dormir. C’est assez grisant. D’autres fois je prends plus de temps. Mais globalement, ça ne remplace pas le contact de la peau sur la peau et l’ivresse qui va avec…

Quelle a été ton éducation vis-à-vis de la masturbation ?

J’ai été élevée par ma mère uniquement, qui a toujours parlé de sexe très librement, m’a fait comprendre que je pouvais lui poser n’importe quelle question et m’a acheté un ou deux livres pour celles que je n’oserai peut-être pas aborder avec elle. Du coup la masturbation ne m’a jamais parue sale ou anormale. C’est juste quelque chose de privé qui ne regarde que moi et éventuellement mon/mes amant(s).

Socialement, tu l’assumes ?

J’assume sans problème toutes mes pratiques sexuelles, mais en parler, ça dépend avec qui. J’ai encore quelques amies assez prudes qui rougissent à la simple mention du Rabbit ! Avec certaines on en parle souvent et plutôt crûment, mais ça reste très rare. J’ai l’impression que la masturbation des femmes reste assez tabou, alors que chez les hommes ça paraît « naturel » , comme si les femmes n’avaient pas de désirs propres à elles-mêmes…

J’ai sans doute un regard biaisé, mais j’ai l’impression que les femmes en parlent beaucoup plus que les hommes ! Bref. Un terme préféré pour parler de la masturbation?

Eh bien… masturbation c’est très bien, non ? il faut appeler une chatte une chatte ! Sinon, « se caresser » est plutôt joli, je trouve.

Pour finir, la dernière fois que tu l’as fait, c’était quand, et c’était comment ?

Tu veux vraiment savoir ? Répondre à tes questions m’a beaucoup excitée… J’ai du filer aux toilettes pour faire baisser la tension : ) Un pied calé contre le mur, deux doigts en moi avec un troisième qui me frôlait l’anus, l’autre main sur mon clitoris. D’abord doucement ; le fait de pouvoir être surprise rajoutait à l’excitation… J’ai accéléré jusqu’à l’orgasme…  deux fois !

… Je n’en demandais pas tant ! Merci pour ton témoignage !

Les sex-toys plus forts que les hommes ?

28 décembre 2010

Ça y est. Maïa vient de révéler au monde ébahi le sex-toy qui va remplacer les hommes.

C’est du moins ce qu’elle dit (en plaisantant ) dans son billet d’aujourd’hui.

Ça me rappelle une fille qui m’avait dit un jour “je crois que j’ai un problème : les sex-toys, c’est tellement meilleur et plus simple que les mecs, que j’ai plus envie de coucher avec quelqu’un”.

Je ne sais pas si elle est encore dans cet état d’esprit, mais cette angoisse revient souvent chez les mecs : “Et si les femmes préféraient finalement les sex-toys ? Et si elles ne voulaient plus coucher avec nous ? Si on ne servait plus à rien ? etc.”

Bon, certes, l’homme est un petit animal craintif qui doute de sa virilité à la moindre alerte. Mais quand même. Si les femmes finissaient VRAIMENT par préférer les sex-toys ?

Mesdemoiselles, par pitié, pouvez-vous nous rassurer séance tenante en répondant au sondage ci-dessous ?

PS : pour prévenir les critiques, qui ne manqueront pas de me tomber dessus, oui, ce sondage est honteusement hétérocentré, et si vous n’êtes pas content(e), c’est le même prix : )

Que voulez-vous lire ?

23 décembre 2010

On me reproche souvent de toujours faire la même chose , des interviews fondées sur les mêmes questions, etc…

Je prends note ! Mais que voudiez vous lire sur ce blog, alors ? Dites moi-tout…

Inspirée par mon blog…

23 décembre 2010

A, dont vous avez pu lire le témoignage il ya quelques jours, m’a envoyé ce dessin, qui lui a été inspiré par mon blog et les histoires qu’elle y a lu.

Ça m’a fait très plaisir, et, bien que je n’aie pas pour habitude de publier des photos ici (pour ça, il y a mon blog photos, NSFW !), j’ai eu envie de vous le faire partager… Merci A !

A : J’ai découvert le plaisir clitoridien à 29 ans. Et depuis, je cherche à retrouver ces sensations.

21 décembre 2010

Aujourd’hui, le témoignage de A, 29 ans, infirmière à Paris, célibataire. Il dénote un peu par rapport aux témoignages habituels, mais c’est tout aussi intéressant !

Chose plutôt rare, c’est toi qui m’a contacté pour témoigner. Pourquoi ?

Et bien, j’ai découvert le plaisir clitoridien il y a 15 jours, à 29 ans. Il n’est jamais trop tard ! Ça m’a donné envie de témoigner sur ton blog.

Tu veux dire que tu ne t’étais jamais masturbée avant ?

Si, j’ai souvent essayé, pendant les périodes de célibat ou de stress, mais je n’ai jamais réussi à parvenir au plaisir solo. Je n’ai jamais su comment m’y prendre, je pense être maladroite. Personne ne m’a jamais expliqué. Étant infirmière, j’ai pourtant de solides notions d’anatomie… Quand on regarde les films ça a l’air simple, il suffirait de se caresser le clitoris pour parvenir au plaisir, mais chez moi, ça ne fonctionne pas comme ça apparemment.

À défaut de “mode d’emploi”, tes partenaires ne t’ont jamais expliqué, ou procuré des orgasmes “clitoridiens”  – ou plutôt, sans pénétration – ?

J’ai toujours pensé être uniquement “vaginale” ; j’ai très facilement des orgasmes pendant la pénétration.  Mais les contacts avec mon clitoris sont délicats. Les cunnilingus me mettent plus mal à l’aise qu’autre chose, et lorsque mes partenaires me caressent le clitoris, ça a plutôt tendance à me provoquer des douleurs ou être désagréable, et je n’y avais jamais pris goût. Ils n’ont pas été particulièrement brutaux, pourtant. J’ai pas vraiment d’explication. Je dois être très sensible…

Ne pas avoir d’orgasme en te masturbant a l’air de te poser problème. Mais après tout, avoir des orgasmes avec ses partenaires, c’est bien aussi non ? La masturbation n’est pas obligatoire…

Oui, mais le problème, c’est que célibat rime avec abstinence pour moi.  Si je suis excitée, je ne trouve aucun moyen d’atteindre le plaisir. Ça engendre pas mal de frustration. J’évite au maximum d’essayer de me masturber, parce que je n’arrive jamais à atteindre le plaisir : ça augmente le désir puis vient la frustration… Mon seul recours est le one-shot avec un partenaire !

Pourtant, il y a 15 jours, il s’est passé quelque chose, non ?

Oui, contre toute attente, mon ex m’a fait découvrir le plaisir clitoridien. J’étais dans mon bain. Quelques bougies éclairaient la salle de bain, du jazz en fond sonore, un thé chaud et le calme absolu. Mon ex a tout fait, j’étais en confiance. Ça a prit pas mal de temps. Il a commencé par des caresses sur tout le corps, puis des stimulations clitoridiennes, des pauses, des reprises. Cette “ritualisation” a joué un rôle majeur pour que j’arrive à lâcher-prise et à me concentrer uniquement sur mon propre plaisir

Et qu’en a tu pensé ?

C’était bon !  Différent de la pénétration… Je me suis sentie vraiment détendue, apaisée. J’étais en accord avec mon corps, j’en avais comprit la mécanique, je me sentais Femme : ). Je ne n’imaginais pas ça comme ça !

Ce n’était pas vraiment de la masturbation en solo, au sens ou je l’entends dans ce blog, mais plutôt un acte sexuel sans pénétration. Est-ce que tu as réessayé seule, depuis ?

Je n’ai pas eu de rapport sexuel depuis, mais je suis à la recherche de ce plaisir vraiment différent de l’orgasme vaginal. J’ai donc réessayé seule. J’ai voulu reproduire les mêmes gestes, mais je me suis vite découragée. Je n’arrivais pas à me concentrer sur ce que je ressentais, je n’avais pas le temps, et puis je me suis endormi, j’étais crevée.

Certaines femmes trouvent ça plus simple avec des sex-toys. Tu as essayé ?

Les rares fois où j’ai essayé ça seule, ça a augmenté mon désir sexuel sans pour autant me permettre d’atteindre le plaisir. J’étais archi-frustrée, c’était encore pire !  Et puis ça a un petit côté gadget qui me déplaît. Mais certaines femmes prennent leur pied avec, et c’est plutôt bien.

Peut être que tu es moins facilement excitée seule que par tes partenaires ? As-tu essayé de te masturber avec un “support”, par exemple un livre ou une vidéo érotique ?

Lorsque j’essaie de me masturber, je pense souvent à des moments d’excitation intense à deux. Ou a une personne que je trouve particulièrement excitante (mais en temps normal, j’évite ce qui pourrait m’exciter pour ne pas ressentir la frustration qui s’ensuit).
Ça m’est arrivé de regarder du porno. Je pense que c’est un peu diabolisé, surtout par les femmes, et c’est dommage. J’aime en regarder de temps en temps avec un partenaire. Seule, le porno me donne envie de me masturber, mais sans plus de résultat…

Est-ce que tu en parles autour de toi ?

J’ai été élevée dans un milieu assez bourgeois, où ça a toujours été tabou : on ne parle pas de ce genre de choses. Dans un cadre professionnel, en revanche, avec des ados, sur des stands de prévention ou d’éducation à la sexualité, il n’y a aucun souci, le but étant de lever les tabous et préjugés. L’éducation sexuelle est très importante dans le rapport à son corps, je pense qu’il ne faut pas diaboliser les pratiques sexuelles. Plus l’on connaît son corps, plus on va avoir des pratiques saines et épanouissantes.
Pour le reste, le poids du tabou est toujours là. Mes partenaires se sentaient rarement concernés par mon plaisir solo. Avec des amies, j’arrive à en parler, mais sans rentrer dans les détails et c’est souvent lors d’une soirée “confessions” autour d’un verre. J’essaie de les faire parler pour comprendre et enfin réussir moi aussi à prendre du plaisir en solo. Souvent, elles sont étonnées, car rares sont les femmes qui avouent ne pas se masturber. Elles n’ont en général pas de solutions pour mon “cas”, et me disent “ne t’inquiète pas, ça viendra”.

Je n’en doute pas. Mais je ne pense pas que ce soit un problème, non ?

Non, ce n’est pas un souci existentiel ! Je voulais plutôt faire passer un message du genre : moi aussi je l’ai fait et c’était cool ! Maintenant il n’y a plus qu’a s’y mettre ; )

Merci pour ton témoignage !

PS : pour les jeunes ou moins jeunes lectrices qui se posent le même genre de questions, je recommande chaudement de jeter un œil à cet article du très bon blog Zone Zéro Gêne.

Angélique : ne me servir que de mon imagination me fait jouir 10 fois plus fort qu’avant

16 décembre 2010

Témoignage de Angélique, 22 ans, étudiante en Culture et Médias à Lille.

Quelle place occupe pour toi la masturbation à l’heure actuelle ?
La masturbation me sert principalement – mais pas que – à combler un manque quand je ne peux pas faire l’amour. Je me masturbe assez souvent quand je n’ai pas l’occasion ou le temps de faire l’amour. Et même si c’est très agréable, ça m’arrive de trouver ça très frustrant parfois…

À quel âge as-tu commencé, et comment ?
Vers 13 ans je crois. Un ami un peu plus âgé m’avait demandé si je me masturbais, je lui ai demandé “qu’est-ce que c’est ?” , il m’avait répondu “c’est quand tu te mets des doigts pour te donner du plaisir”… Je trouvais ça bizarre, mais le soir, dans mon bain, j’ai essayé. En fait j’ai juste mis mon doigt à l’intérieur de mon vagin, jusqu’à la première phalange, parce que j’avais peur d’avoir mal… Je n’ai pas vraiment pris du plaisir, mais je trouvais ça excitant de faire quelque chose que je considérais comme interdit.

Comment cette pratique a évolué avec le temps ?
Les fois suivantes, je faisais des petits aller retour avec mon doigt en essayant d’aller plus profond, et au bout de la troisième fois, je crois, ça s’est “crispé” autour de mon doigt. J’ai eu très peur et j’ai vite arrêté. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que j’avais eu mon premier orgasme (avec néanmoins plus de peur que de plaisir).
À cette époque là, je pensais que c’était la seule façon de le faire. Ça durait plus d’une demie heure à chaque fois. Et je ne le faisais que sur le ventre : j’avais découvert ça comme ça et je prenais du plaisir. Avec le recul, je suppose que c’est parce que dans cette position, ça frottait sur mon clitoris.
Mais ce n’est qu’un peu plus tard, vers 14 ans, qu’une copine avec qui j’en parlais m’a dit qu’elle ne mettait pas de doigts du tout. Je me suis demandé comment c’était possible, puis j’ai essayé de me caresser sans me pénétrer, en caressant mon clitoris. Je ne pense pas que je savais ce que c’était ; je suppose qu’à l’époque je m’étais dit que ça faisait du bien à cet endroit là aussi. Mais je n’ai d’abord pas trouvé ça plus efficace du tout, au contraire, mes orgasmes étaient moins intenses.
Vers 16 ans, je le faisais presque tous les soirs. J’aimais beaucoup ça et je ne voyais pas souvent mon copain de l’époque qui habitait loin (j’avais eu mes premiers rapports sexuels un an auparavant, avec lui). Je m’amusais à essayer différentes positions pour voir si j’arrivais à me faire jouir debout, assise, allongée sur le ventre, le dos etc.

Y a-t-il des périodes où tu t’es masturbée plus qu’à d’autres ? Pourquoi ?
Vers 16 ans, comme je viens de le dire, et vers 20 ans. Entre temps, j’avais ralenti, car j’étais en couple jusqu’à 18 ans puis, une fois célibataire, j’avais des plans cul réguliers que je voyais souvent, dès que j’avais envie en fait. Je privilégie les rapports sexuels à la masturbation.
L’année de mes 20 ans, donc, je suis restée célibataire assez longtemps. C’est la première année où j’habitais seule et où j’avais une connexion haut débit ! En d’autres termes, j’ai pu consommer du porno en grande quantité ; ) D’ailleurs, cette année là, je me suis surtout masturbée assise devant mon PC (alors que c’est pas ma position préférée) en regardant du porno ! Je me masturbais presque tous les jours. En général, ça ne durait pas très longtemps parce que je faisais ça assez mécaniquement, dans le seul but d’avoir un orgasme.

La masturbation a-t-elle changé la façon dont tu vois ton corps ?
Non, je ne pense pas. Ce qui a changé ma façon de voir mon corps, c’est la pornographie, mes rapports sexuels, mes rapports sexuels avec des filles et mes piercings aux tétons qui m’ont fait découvrir de nouvelles sensations (je n’en ai plus malheureusement) ! On croit souvent que les filles savent se faire plaisir entre elles mais c’est faux. J’ai l’impression de me débrouiller beaucoup mieux avec les garçons qu’avec les filles. Quand je fais l’amour avec une fille, je regarde son corps, en quoi il est différent du mien, et je me demande si elle aime les mêmes choses que moi. Ça m’est arrivé qu’une fille me fasse des trucs qu’elle aimait que je n’aimais pas forcément.

Et inversement, que t’a apporté la masturbation dans tes rapports sexuels ?
Je ne saurais pas vraiment répondre à cette question. Je sais juste que j’aime beaucoup me masturber devant mon partenaire, je suis assez exhibitionniste. Et ça m’excite aussi beaucoup de regarder un garçon se masturber. Mais je ne pense pas que la masturbation ait changé ma façon de faire l’amour.

Même pas dans le fait de savoir ce qui te fait du bien et de pouvoir le communiquer à ton partenaire ?
Non, pas vraiment. Je crois que j’ai un peu du mal à dire à mon partenaire ce qui me fait du bien, donc j’essaie plus ou moins de lui montrer comment me faire jouir, mais ça dépend avec qui. Je suis assez gênée de faire ça  – c’est très con – et du coup, j’ai moins souvent d’orgasmes au cours de mes rapports sexuels. En fait, il y a des personnes qui me mettent facilement à l’aise et avec qui j’ai aucune gêne. Ceux-là ce sont mes meilleurs coups ! Ceux qui te montrent qu’ils ont vraiment envie que tu prennes ton pied. Parce que parfois j’ai l’impression que certains cherchent à faire plaisir “par principe” ou par peur d’être vu comme des gros cons.

Quel rôle la masturbation joue-t-elle dans ton couple ?
Un rôle majeur puisque mon copain n’est pas là ! Mais il revient en France ce week-end, héhé… Donc on le fait à distance, et ça me frustre pas mal. Mais grâce à lui, j’ai découvert une nouvelle façon de me masturber : ne faire jouer que mon imagination. Je pense à lui pendant toute la durée de l’acte et je jouis 10 fois plus fort qu’avant, il y a à peine 2 mois, quand je me contentais de regarder un porno.

Qu’est-ce que tu imagines et comment expliques-tu que ce soit tellement plus fort ?
J’imagine beaucoup de situations différentes. Tout à l’heure par exemple – oui, je me suis caressée tout à l’heure : ) – j’imaginais qu’on le faisait à 4 avec des amis, avec qui j’ai déjà eu des rapports à 3, à 4 et à 5. Ils sont bi et ça m’excite beaucoup de voir un garçon faire une fellation à un autre ! J’imagine aussi que mon copain me met sur ses genoux et qu’il me donne des claques sur les fesses, hummm…
Je sais pas du tout pourquoi c’est plus fort comme ça ! Peut-être parce que ça dure beaucoup plus longtemps, ou peut être parce que ce sont des situations qui m’excitent particulièrement, étant donné qu’elles sont le fruit de mon imagination, contrairement au porno ou j’ai un peu tendance à prendre ce qui vient.

Se masturber, c’est meilleur ou moins bon que faire l’amour ?
Différent mais moins bon. Ça dépend vraiment, ça arrive de faire l’amour et que ça soit vraiment nul et ça m’arrive de prendre vraiment mon pied en me masturbant. Mais en règle générale, je préfère faire l’amour, et je suis souvent un peu frustrée quand je me masturbe. J’ai peut être trop tendance à voir ça comme un “substitut” de relation sexuelle et non comme un “complément”.

Quelle a été ton éducation vis-à-vis de la masturbation, et comment la vis-tu maintenant ?
On en a jamais parlé avec ma mère. Non pas que c’était un sujet tabou, mais juste qu’elle ne m’a jamais vraiment parlé de ces choses là, je les ai découvertes par moi-même. Je me souviens seulement d’une fois où elle m’a surpris en train de le faire dans la voiture sur le parking en plein jour  – j’avais vu mon mec dans l’après-midi, il m’avait vraiment excitée –, et qu’elle a pas trouvé ça normal du tout ! J’avais 14 ans, elle m’a engueulée et s’est un peu inquiétée, je suppose qu’elle ne considérait pas ça comme pas normal à mon âge. Même si elle ne m’a jamais dit clairement “ ne fais pas ça”, qu’elle  ne m’a jamais empêché, je sais qu’elle considérait ça comme un interdit. Mais comme je l’ai déjà dit, l’interdit, ça m’excite ! Bref. Aujourd’hui, je le vis très bien. Je ne vis plus chez mes parents, je n’ai aucun problème avec ça,.

Socialement, c’est facile d’assumer et d’en parler ?
Oui, sinon je serai pas en train de répondre à tes questions non ?

Je pensais à un contexte réel, pas seulement par mail, anonymement, avec un inconnu.
Ça me dérangerait pas du tout de répondre à tes questions “IRL”. Si j’habitais à Paris, je te l’aurais sûrement proposé ! Non, sérieusement, je ne suis pas très pudique et je trouve ça très intéressant de parler de sexe en général. C’est dommage qu’on puisse pas en parler avec n’importe qui, parce que je me pose souvent des questions sur la sexualité des gens. Et je trouve ton blog super à ce niveau là !

Est-ce que tu penses que les femmes pratiquent et parlent plus librement de masturbation qu’avant ?
D’une certaine manière oui… Mais ça doit dépendre des endroits et des familles. Étant dans une grande ville et suivant des cours sur les cultural studies, la question de genre, de sous-culture etc., les gens autour de moi sont assez ouverts d’esprit et ça nous arrive très souvent de parler de sexe, de pornographie et de masturbation en cours. En même temps, c’est un cours avec Marco Dell’oModarme, un des organisateurs du Paris Porn Film Fest, ça aide ! Donc je ne suis sans doute pas très objective pour répondre à ta question.

Concrètement, comment aimes-tu te masturber, dans quelles conditions ?
En général je le fais juste avant de dormir, ça me détend.  Je suis dans mon lit, sous ma couette, dans ma position préférée – allongée sur le dos –, en fermant les yeux. Je me caresse les seins avec une main et le clitoris avec l’autre. Ou je le fais à deux mains, un doigt dedans et je me caresse le clitoris avec l’autre.  Je ferme les yeux et je gémis, ça m’excite de m’entendre gémir ! Je peux utiliser la main gauche comme la main droite : merci le porno, qui monopolise la main droite sur la souris ; )

À part l’épisode du parking, tu t’es déjà masturbée dans des situations un peu inhabituelles ?
Oui ! Récemment, dans les toilettes de la fac. Ça m’est arrivé 3 ou 4 fois. J’étais très excitée  – j’ai des périodes comme ça – et il fallait que je me détende avant d’aller en cours, sinon c’est perturbant, je n’arrive pas à suivre ni à me concentrer sur quoi que ce soit.

Tu arrives facilement à l’orgasme en te masturbant ?
Oui, presque systématiquement. Je dis presque, parce que des fois je commence et j’ai tellement la flemme que j’arrête. Ça prend un peu plus de temps maintenant que je n’utilise que mon imagination, j’ai tendance à vouloir aller au bout des scénarios, et que ça dure plus longtemps parce que c’est particulièrement excitant. Mais en fait des fois, j’ai juste la flemme de bouger le bras !
Ça m’a fait penser que j’ai oublié un détail important : dès que j’arrive à l’orgasme, je recommence tout de suite après pour en avoir un deuxième et un troisième parfois… En général c’est deux ou trois à la suite, parfois quatre quand je suis vraiment motivée.

Les sextoys, tu en penses quoi ?
J’en ai acheté un avec mon ex pour tester, un vibro basique waterproof de Fun Factory. À deux c’est très excitant/amusant, mais seule je m’en sers presque jamais . Rien ne vaut ma main et le contact avec ma peau.

Tu évoquais le rôle de ton imagination quand tu te masturbes. Mais est-ce que tu aimes aussi avoir un “support” pour t’exciter ?
Avant, je ne pensais à rien à part à ce que je faisais. Je me concentrais sur ma main, l’action et rien d’autre. Maintenant, comme je te l’ai dit, je pense à mon copain. En fait, on a eu une discussion sur la pornographie et la masturbation récemment, et il m’a dit qu’il regardait pas de porno, mais qu’il imaginait des situations avec des gens qu’il connaissait ou qu’il avait vu dans la journée…

…Et ça ne te pose pas de problème qu’il fantasme sur d’autres filles ou garçons  ?
Non, pourquoi ? On est dans une relation libre, ça me pose pas non plus problème qu’il couche avec d’autres filles. Surtout si c’est une fille jolie que j’ai vu et qui m’excite  – je suis aussi excitée par les filles. Ça m’exciterait qu’il me décrive comment il la prend, par exemple.
Pour en revenir à mes scénarios, du coup je me suis dit que j’allais essayer sa façon de faire, et depuis, je ne le fais quasiment plus que comme ça Je l’imagine lui, principalement, mais tout à l’heure on était plusieurs dans mon scénario :  ). Ça ne m’était pas spécialement venu à l’esprit avant, mais mes orgasmes de cette façon sont 10 fois plus forts donc ça vaut vraiment le coup.

Avant, tu regardais surtout du porno…
Oui, à chaque fois, avant que mon imagination ne vienne me montrer que c’est beaucoup mieux d’avoir les images dans la tête. Je trouve la culture porn très intéressante (sûrement grâce au blog du Tag Parfait) et c’est devenu un sujet d’étude depuis qu’on parle des cultural studies en cours. Donc je continue à m’y intéresser mais je m’en sers plus tellement pour la masturbation.
Ceci dit, en tant que “consommatrice” je regardais principalement les vidéos bien pourries faites par des hommes pour des hommes. Il ne s’agit pas vraiment d’une préférence, mais c’est le plus accessible (je suis vraiment flemmarde, hein?). J’aime aussi le porno bi, les plans à plusieurs. Ayant déjà testé, je trouve ça très excitant de voir des situations dans lesquelles je me suis retrouvée et des trucs que je pourrais tester plus tard.

Et discuter avec des inconnus (ou pas) sur internet ?
Non, ça m’arrive pas vraiment. Mais peut être que ça pourrait m’exciter malgré le fait que ça ne soit pas quelque chose que je recherche.

En général, est-ce que c’est un contenu ou une pensée érotique qui va te donner envie de te masturber, ou est-ce que tu projettes d’abord de te masturber, et que tu regardes ou imagine ensuite des choses excitantes dans ce but ?
Les deux. Ça dépend. Par exemple là, avec toutes tes questions j’ai envie de me masturber : ). En général je vois ou j’entends quelque chose d’excitant dans la journée et ça me donne envie de le faire. Mais ça m’est arrivé de me dire qu’il fallait que je le fasse sans être excitée et d’aller chercher l’excitation, pour tester un truc, ou parce que ça faisait longtemps. C’est à dire que j’ai envie de le faire, même si je suis pas excitée, tu vois ? Un peu comme on a envie de faire des gâteaux sans avoir envie de manger…
Mais dans la mesure ou je me sers de la masturbation pour combler le manque, c’est plutôt déclenché par un facteur excitant. Je le fais quand je suis dans un état tel que les petits détails excitants de la vie vont me donner envie de me masturber.

Pour finir, quel est ton terme préféré pour parler de la masturbation ?
Me masturber, ou me caresser plus rarement. Le terme “branler” ne me dérange pas, même si je ne penserais pas à l’employer.

Merci  pour ton témoignage !
Merci à toi, ça m’a fait réfléchir sur ma façon de me masturber et sur la masturbation en général ! J’espère que mes réponses sauront intéresser tes lecteurs…

MC : La masturbation avec des inconnus sur internet m’a un peu tourné la tête…

1 décembre 2010

Bonjour, je suis resté longtemps sans publier, mais je crois que le témoignage de cette jeune femme, que nous appellerons MC, valait le coup d’attendre… Bonne lecture !

Thomasfromparis : En deux mots, qui es-tu ?

J’ai 35 et je vis en région parisienne. Je suis mariée, en couple depuis 10 ans maintenant, et j’ai 2 enfants. Une femme bien dans son corps, son couple et sa tête. Une femme lambda, en somme.

Quelle place occupe pour toi la masturbation à l’heure actuelle ?

La masturbation est une partie de ma sexualité. Je la vis seule, le plus souvent. Je peux rester une semaine sans me caresser, mais généralement, c’est tous les deux jours environ. En fait, c’est assez fluctuant. J’aime aussi partager ça avec mon partenaire, de temps en temps. La masturbation me permet d’évacuer mon stress, de pimenter ma vie “intérieure”, de vivre des fantasmes que je veux garder à l’état de fantasmes.

À quel âge as-tu commencé, et comment ?

Je ne me souviens pas précisément. Je dirais vers 12 ou 13 ans, un peu par hasard, voire instinctivement. Je n’ai pas le souvenir d’un événement déclencheur particulier. Je me souviens juste que je me sentais un peu honteuse après. Mon éducation, peut-être. Mais ça m’a plu, et j’ai très vite recommencé. Les premières fois, j’étais bien, détendue et je prenais du plaisir. Mais j’ai mis des mois à me connaître suffisamment, à savoir ce qui me faisait vraiment du bien et à finir par jouir.

Comment cette pratique a évolué avec le temps ?

J’ai appris à ne pas en avoir honte, à en profiter pleinement. Petit à petit, au fil des mois et des événements dans ma vie sexuelle, j’ai appris comment bien stimuler mon corps. D’ailleurs, je pense que ma “technique” évolue toujours. Au départ, je ne caressais que mon sexe. Aujourd’hui, je sais que passer mes mains sur le reste de mon corps m’excite aussi, je me sers d’accessoires, je me stimule avec de la lecture érotique ou porno, ce que je ne faisais pas au début. Y a-t-il des périodes où tu t’es masturbée plus qu’à d’autres ? Pourquoi ? Oui, lorsque je n’ai pas de partenaire, je me masturbe plus souvent. Les vacances aussi sont propices à plus de moments d’intimité – je crois que je me trouve plus jolie quand je suis bronzée !

La masturbation a-t-elle changé la façon dont tu vois ton corps ?

Oui, découvrir que certaines partie de mon corps que je n’aimais pas trop étaient en fait des zones sensibles aux caresses les ont rendues plus… jolies. Par exemple, je n’aime pas particulièrement mes seins, mais en apprenant à les caresser, j’ai découvert de nouvelles sensations. Je les vois gonfler, je sens mes tétons durcir et je les trouve beaux…

Qu’a changé la découverte des rapports sexuels vis-à-vis de la masturbation ?

Partager mon corps et mon plaisir avec un partenaire a d’abord rendu la masturbation plus attirante… J’ai appris de mes partenaires les différentes formes de caresses, les régions de mon corps qu’ils ont su réveiller, la façon de faire l’amour, plus ou moins violente ou douce, et je m’en suis servie lors de mes “plaisirs solo”. Le fait que quelqu’un aime mon corps m’a aidée aussi. Et comme la masturbation passe par les images ou plutôt “l’intellect”, revivre certains rapports sexuels qui m’ont beaucoup plu rend mes caresses plus efficaces. En fait, après avoir découvert le sexe avec des partenaires, je me suis masturbée différemment, et sans doute plus souvent. Je me masturbe clairement plus aujourd’hui que quand j’étais jeune ou célibataire. Ça fait partie intégrante de ma sexualité.

Et inversement, que t’a apporté la masturbation dans tes rapports sexuels ?

Je me connaissais mieux que mes partenaires ! Il y en a certains à qui j’ai un peu indiqué la marche à suivre, parce que je savais, de par mon expérience intime, ce qu’il me fallait à quel moment, et pas eux !

Quel rôle la masturbation joue-t-elle aujourd’hui dans ton couple ?

Me caresser devant mes partenaires ne m’est pas venu tout de suite. En fait, la première fois, j’ai été surprise pendant une petite séance “en tête à tête avec moi-même”. J’ai continué car j’ai vu que ça lui plaisait, et c’est devenu un petit jeu. Les hommes que j’ai croisés ont généralement apprécié de me regarder faire, pas toujours d’en faire autant. je trouve cela dommage. Aujourd’hui, je suis très à l’aise avec ça avec mon partenaire. J’aime voir voir l’excitation monter chez lui en parlant ou en me caressant devant lui. Et j’aime le voir s’occuper de lui. En revanche, c’est un moment “éphémère” : j’aime que ça fasse partie du jeu, mais pas systématiquement.

Se masturber, c’est meilleur ou moins bon que faire l’amour ?

C’est différent et complémentaire. Je ne peux me passer ni de l’un ni de l’autre. On dis parfois que c’est plus simple pour avoir un orgasme, mais pas forcément. Ça dépend du moment, du temps que j’ai devant moi… et du partenaire !

Quelle a été ton éducation vis-à-vis de la masturbation, et comment la vis-tu maintenant ?

Je vis ça très bien ! C’est indispensable à mon équilibre, je trouve cela naturel et sain. Même si mon éducation a été assez stricte concernant la sexualité. On n’en parlait pas. Les effusions ou démonstrations de sentiments n’étaient pas légion ! Alors la masturbation… je n’en savais rien avant de découvrir par moi-même !

Socialement, c’est facile d’assumer et d’en parler ?

Dans l’ensemble oui, mais certaines personnes ne sont pas prêtes à entendre ce genre de choses. J’en parle souvent avec une bande de copines. On parle de sexualité en général, de nos expériences heureuses ou pas, de masturbation, aussi. Nous faisons des apéritifs à thèmes, la masturbation est souvent LE thème ! Mais c’est vrai que pour en parler librement comme ça, il a fallu attendre d’avoir un peu de maturité… Je dirais, d’avoir toutes eu une expérience de vie commune qui a raté !

Penses-tu que les femmes pratiquent et parlent plus librement de masturbation qu’avant ?

Elles en parlent peut-être un peu plus qu’avant. Mais je pense que la pratique de la masturbation a toujours existé. Elle était plus cachée, peut-être diabolisée. Mais c’est un besoin naturel, au même titre que boire ou manger, ou presque. Mes amies proches se masturbent toutes. Je n’en parle pas avec tous les gens que je rencontre, mais je refuse de croire que plus de 10% des femmes ne pratiquent pas, toutes générations confondues. Je trouve ça tellement agréable !

Concrètement, comment aimes-tu te masturber, dans quelles conditions ?

En dehors des moments où je partage avec mon partenaire, je me caresse quand je suis stressée ou au contraire très détendue. Quand je suis stressée, ça finit très rarement par un orgasme. J’ai besoin de quelque chose qui me défoule, un plaisir rapide. Un peu comme un jogging : je finis fatiguée, mais bien, j’ai pris du plaisir, j’ai passé un moment rien qu’à moi. À l’inverse, quand je suis détendue, j’aime me caresser doucement, prendre mon temps, souvent plusieurs fois. Et je prends beaucoup de plaisir ! J’aime me caresser le matin dans la douche, avec le jet, mais aussi dans mon lit, le matin ou le soir. Dans on lit, je commence doucement en faisant autre chose, en lisant ou en regardant la télé.

Tu t’es déjà masturbée dans des situations un peu inhabituelles ?

Il m’est arrivé une fois de me caresser en voiture, en conduisant. Je ne sais pas trop ce qui m’a excitée, les vibrations peut être… Heureusement, je n’ai pas eu d’accident ! Je suis rentrée le plus vite possible et j’ai filé à la douche.

Tu arrives facilement à l’orgasme en te masturbant ?

Ca dépend. Parfois ce n’est pas le but, c’est juste rassurant, apaisant. Parfois même c’est pour me tenir en haleine en attendant mon partenaire : je me caresse et je m’arrête juste avant de jouir quand je sais que mon partenaire va arriver. Ça me met en condition, je suis plus inventive et plus entreprenante. Mais globalement, je me connais assez bien maintenant pour arriver à l’orgasme assez facilement.

Les sextoys, tu en penses quoi ?

Ça m’arrive d’en utiliser, mais plus souvent lorsque je partage avec mon partenaire. Seule, je préfère mes mains. Dans la masturbation en solo, le fait d’être seule me plaît, et quelque part, un sextoy est une petite intrusion dans ce rendez-vous avec moi-même. C’est un partenaire qui m’a offert mon premier sextoy. J’en ai acheté d’autres ensuite. J’aime le côté vibrant des accessoires, mais parfois, ça vibre “de partout”, et je préfère stimulation uniquement clitoridienne. Et puis ça reste un accessoire, rien ne vaut ce qui se passe dans ma tête pour une masturbation efficace.

Justement, quand tu te masturbes, à quoi tu penses ? Aimes-tu avoir un support pour t’exciter ?

Je pense à mon partenaire, ou à des situations qui m’excitent. J’aime imaginer que je suis avec une autre fille, même si je me pense foncièrement hétéro, ou que je me trouve dans un endroit improbable, comme mon lieu de travail, par exemple. Ou quand je me me masturbe dans la salle de bains, j’aime me regarder, debout, dans le miroir. Hem. J’ai l’impression d’être une sacrée perverse en racontant tout ça !

En général, est-ce que c’est un contenu ou une pensée érotique qui va te donner envie de te masturber, ou est-ce que tu projettes d’abord de te masturber, et que tu lis ou imagine ensuite des choses excitantes dans ce but ?

Ça peut être l’un ou l’autre. Quand je suis détendue, une odeur, une phrase, une pensée peut parfois suffire à me donner envie de me masturber. Ça m’arrive de juste feuilleter un livre ou parcourir un site un peu érotique et être un peu excitée, sans forcément me masturber. Quand je suis plus stressée, je sais ce que je dois lire ou regarder pour m’aider à me détendre, m’exciter très vite.

Tu regardes du porno pour t’exciter ?

Je suis plus sensible à la littérature érotique qu’aux images ou aux films. Je préfère laisser libre court à mon imagination. Je comprends qu’un film porno puisse exciter, mais en en discutant avec mes amies ou mes partenaires, je m’aperçois que les filles sont souvent plus “cérébrales”. Les images crues, c’est excitant, ok, mais il y a besoin d’une ambiance, d’aimer son corps, etc. et souvent l’imaginaire est bien plus créatif que les films de cul.

Et discuter avec des inconnus (ou pas) sur internet ?

Sujet sensible. Il m’est arrivé d’avoir des expériences de masturbation par le biais d’internet. J’ai beaucoup aimé. Sûrement parcequ’il s’agit d’un inconnu qu’on ne rencontrera jamais. Tout est permis, le simili-anonymat permet de tout dire, tout exprimer. C’est une aventure intéressante mais un peu perverse. Le problème, c’est qu’à une période, je suis devenue addict. Pendant environ deux mois, c’était tous les jours ou presque, avec le même homme. Ce goût de mystère, d’inconnu, de toujours plus, m’a un peu tourné la tête. Il a fallu y mettre un terme car cela devenait obsessionnel. Je ne trouvais plus de plaisir dans la masturbation seule. Aujourd’hui, j’ai retrouvé ma masturbation “habituelle”. Mais j’y repense parfois pour m’aider à prendre encore plus de plaisir. Si cela devait m’arriver une autre fois, je pense que je le gérerais beaucoup mieux. Avec plus de détachement.

Pour finir, quel est ton terme préféré pour parler de la masturbation ?

Je me caresse, je me fais un petit plaisir. Le mot “branler”, je l’aime aussi, mais je ne le prononce que dans l’intimité. C’est assez excitant quand c’est distillé avec parcimonie et par un partenaire respectueux.

J. 22 ans : “La masturbation participe activement à une image positive de son corps, d’abord dans la façon dont on l’éprouve, puis dans la vision globale qu’on en a”.

6 septembre 2010

Bonjour !
C’est sans doute la rentrée pour vous (bhouuu), mais du coup, c’est aussi le retour des témoignages sur Le plaisir solo des filles (haaaa) ! Aujourd’hui, J, une jeune psychomotricienne de 22 ans (entre le kiné, le psy et l’orthophoniste) a accepté de témoigner.

J, si tu as accepté cet entretien, c’est que la masturbation occupe une certaine place pour toi. Quelle est-elle  ?
Je dirais une place importante, mais en lien avec tout le reste, rien de pathologique. Je me masturbe 1 à 3 fois par jour sans que cela gêne le reste de mes activités. C’est moins fréquent en période de stress (examens…)

À quel âge as-tu commencé, et comment ?

Je ne me souviens pas à quel âge j’ai tenté de me masturber pour la première fois. Très jeune, je voyais des affiches dans la rue pour des minitels roses, ça m’a toujours intriguée. Alors dès que j’ai eu internet, vers 12 ans, je me suis ruée pour trouver ce que cachaient ces pubs. A force de taper 36 15… dans un moteur de recherche (!), j’ai fini par trouver quelques sites de photos. Les vidéos étant payantes, à mon plus grand désarroi. À l’époque, les sites de vidéos en streaming n’existaient pas… alors je me contentais de photos ou récits. Donc à la suite de ça, j’ai commencé à me masturber. En me pénétrant avec les doigts, car c’est tout ce que je pouvais voir sur les photos.

La masturbation a-t-elle changé la façon dont tu vois ton corps ?
Je ne sais pas lequel influence l’autre, je pense que ce n’est pas unilatéral, mais oui, la masturbation change la façon dont on perçoit son corps. Tout d’abord parce qu’on commence généralement à se toucher et à en prendre conscience à l’adolescence, période où les bouleversements physiques sexuels apparaissent.
Dans mon cas, les changements physiques ont entraîné des complexes (développement des seins, des hanches, etc), et la masturbation m’a permis d’éprouver mon corps autrement que par la vision. Alors que j’avais une vision de mon corps plutôt négative quand je le regardais dans un miroir, quand je le touchais, j’éprouvais du plaisir. Alors qu’à l’adolescence on “subit” les changements physiques, la masturbation permet de l’expérimenter activement en tant que corps-plaisir. Je pense donc que la masturbation participe activement à une image positive de son corps, d’abord dans la façon dont on l’éprouve, puis dans la vision globale qu’on en a. Cette image positive de son corps permet par la suite de mieux s’épanouir sexuellement dans les relations avec des partenaires et montre ainsi l’importance de la masturbation pour la vie sexuelle globale…

Comment cette pratique a évolué chez toi avec le temps ?
Je n’ai finalement découvert la masturbation clitoridienne avec les doigts vers l’âge de 13 ou 14 ans, quand j’ai pu regarder des des vidéos. Comme je le disais, je ne savais pas trop comment on se masturbait avant. Ça peut paraître con, mais je savais pas ce qu’il fallait faire. En voyant les vidéos, j’ai capté “la technique” – même s’il n’y en a pas qu’une…– et j’ai essayé de me caresser le clitoris, sans pénétration. Avec plus d’entrain, car j’étais désormais sûre de la technique.
J’ai dans le même temps découvert par hasard la masturbation avec le jet de douche, et mon premier orgasme. Compte tenu des vidéos et récits que j’avais pu lire, je savais théoriquement ce qu’était un orgasme. Quand c’est arrivé la première fois, j’ai trouvé ça agréable sans être surprise. Je me suis juste dit “Ah c’est ça. C’est marrant.”
Pendant longtemps je continuais à avoir du plaisir en masturbant avec les doigts mais je n’avais d’orgasme que sous la douche. Et je regardais encore des vidéos pornographiques, mais plus par curiosité qu’excitation.
Avec le temps, cependant, j’ai fini par comprendre comment le plaisir montait, que les vidéos pornographiques m’aidaient, et vers l’âge de 15 / 16 ans j’ai réussi à avoir des orgasmes systématiquement, en me masturbant devant des vidéos.

La découverte des rapports sexuels a-t-elle changée ton approche de la masturbation ?

Mes premiers rapports, vers 16/17 ans, n’étaient pas glorieux. Mes premiers partenaires étant vierges et très émotifs, le plaisir sexuel n’était pas au rendez-vous. Après ces quelques démarrages ratés, j’ai passé 2 ans seule, absolument pas frustrée et comblée par la masturbation.
Je n’ai finalement découvert le plaisir dans le rapport sexuel qu’à l’âge de 18 ans, bien après celui de la masturbation. Les rapports sexuels n’ont donc pas changé mes plaisirs solitaires, c’est plutôt le contraire : la masturbation m’a permis par la suite de prendre plus de plaisir lors des rapports puisque je me connaissais mieux grâce à cela.

Quel rôle la masturbation joue-t-elle aujourd’hui dans ton couple ?
Je suis en couple depuis quelques mois. Mon partenaire est au courant, car je parle librement de sexualité. J’aime le sexe et je l’assume alors j’en parle librement avec les hommes. Le plus souvent ce sont eux qui se sentent gênés de parler de leur sexualité !
Bref, nous parlons sans tabou de masturbation, de vidéos pornographiques, etc. Il sait que je me masturbe régulièrement et c’est réciproque. Ca ne me gêne pas qu’il se masturbe, au contraire cela me “rassure” quant à sa libido, étant donné qu’on ne se voit pas tous les jours… ;)
J’ai du plaisir lors des rapports sexuels mais cela n’enlève pas le désir de masturbation régulier (Je me masturbe légèrement plus que je ne fais l’amour puisque je ne vois pas mon copain tous les jours, mais au niveau envie c’est équivalent). Je pense que cela participe au désir et au plaisir lors des rapports sexuels et donc au couple.

Se masturber, c’est meilleur ou moins bon que faire l’amour ?
Le plaisir est totalement différent. Quand j’ai envie de faire l’amour, je ne vais pas me masturber à la place pour faire passer l’envie. En me masturbant je sais que j’aurai un orgasme, et c’est ça que je recherche. Lors d’un rapport je n’ai pas systématiquement d’orgasme, mais toujours du plaisir. Ce que je préfère dans un rapport c’est le plaisir pendant. Pas forcément l’orgasme, mais la pénétration.
En fait, cette question me paraît un peu mal posée, car je pense que très peu de femmes dissocient vraiment ces pratiques et les comparent. D’ailleurs, à mon avis, la plupart se touchent pendant le rapport sexuel pour intensifier le plaisir, ce qui prouve bien que c’est complémentaire, que ce soit en même temps ou non, comme je l’ai évoqué plus haut.

Comment vis-tu le fait de te masturber ?
Comme je le disais, je parle librement de pornographie, de sexualité, de masturbation… Donc je vis bien le fait de me masturber. Je pense qu’aujourd’hui une grande majorité des gens savent que c’est “normal” de se masturber, donc pas de gêne vis à vis de ça.

Quelle a été ton éducation à ce sujet, et plus largement vis à vis de la sexualité ?
J’ai toujours été assez pudique. Mes parents étaient là pour répondre à mes questions mais je n’en ai jamais posé. Je n’ai jamais parlé de sexualité avec eux, pourtant je sais qu’ils sont ouverts, et que ma soeur en parle régulièrement avec ma mère. Je pense que ce n’est pas aux parents de faire l’éducation sexuelle de leurs enfants. Comme mes parents, laisser des préservatifs à disposition dans la maison, c’est bien, mais pour le reste, je pense qu’il faut laisser ça à l’enfant, tout en restant à l’écoute.
Par ailleurs, mes études de psychomotricité m’ont poussée à me poser beaucoup de questions sur notre relation au corps et à la sexualité en fonction de notre culture, de notre éducation, etc. et cela m’a obligée à remettre en question mon propre rapport au corps ainsi qu’à celui des autres, ma sexualité…
Plus généralement, j’ai toujours eu une certaine curiosité face à tout ce qui touche à la sexualité et je lis pas mal à ce sujet (articles, livres, blogs…). J’aime penser ce qui est physique. Cela ne veut pas dire que pendant l’acte sexuel j’intellectualise tout et que je réfléchis à la façon dont je vais écarter les cuisses (poésie…), mais je trouve juste ça intéressant d’avoir une réflexion à ce sujet, avec un certain recul.

Est-ce que tu penses que les femmes pratiquent et parlent plus librement de masturbation qu’avant ?
Je pense que la masturbation chez les femmes n’est pas plus répandue qu’avant, au mieux, si les filles la découvrent plus tôt en regardant des vidéos sur le net, par exemple, elles commenceront avant. Mais les générations d’avant trouvaient toujours un moyen d’arriver à la masturbation (entre copines, avec un partenaire…).
Plus généralement, je ne pense pas que notre génération soit plus informée sur le plaisir sexuel. Nous sommes informés sur les maladies, la pilule, le dépistage VIH, le préservatif etc., mais pas sur le plaisir et encore moins sur la masturbation. Au mieux sur la reproduction. Je ne crois pas que toutes ces infos aident à la découverte du plaisir…

Concrètement, comment aimes-tu te masturber ? Dans quelles conditions ?
Aujourd’hui, je me masturbe soit devant des vidéos pornographiques, soit sous la douche. Je ne suis absolument pas “cérébrale” et je suis incapable de créer des scénarii et fantasmes dans mon esprit pendant que je me masturbe  Je lis partout que masturbation = scénarii, fantasmes etc, alors que pour moi c’est pas du tout ça. C’est très mécanique. Devant les vidéos, je me masturbe en ne pensant qu’à la vidéo et dans la douche, le plaisir monte par la simple excitation physique du clitoris alors que mon esprit divague et que je pense à tout sauf à des choses excitantes (ce que j’ai à faire, ma liste de courses…). Cela n’empêche pas d’atteindre l’orgasme, et qu’il soit intense, puisque l’excitation physique du clitoris est assez forte avec cette technique ! Globalement je ne fais pas spécialement durer la masturbation, ce que je recherche étant plus l’orgasme.

En termes de vidéos, que préfères-tu ? On lit souvent que les filles ont un regard différent de celui des hommes sur le porno. Qu’en penses-tu ?
Je n’ai jamais regardé des vidéos “girl-friendly” ou je ne sais quoi. Une vidéo hétéro m’excite autant qu’une vidéo lesbienne ou gay. J’ai des préférences selon mon humeur, mais ce n’est pas parce que je suis une fille qu’une scène de bukkake me dégoute, par principe.
Je ne me projette pas, ça reste de la pornographie et je capte l’excitation de la scène même si ca n’est pas un fantasme personnel qui est filmé. D’ailleurs j’étais au Paris Porn Film Fest cette année, et j’ai pu constater que 75 pour cent des spectateurs étaient des filles. Donc oui, les filles regardent aussi du porno.

Les sex-toys, tu en penses quoi ?
Mon premier m’a été offert par des ami, un cadeau d’anniversaire avec des petits mots écrits dessus. Je ne pouvais donc m’en servir que comme vibromasseur (sinon les mots doux de mes amis s’effaceraient…). Je l’ai utilisé une ou deux fois mais je ne prenais pas plus de plaisir avec que ça.
Mon partenaire m’a ensuite offert un autre vibro. ça permet de changer de la masturbation avec les doigts, mais ça ne la remplace pas : pas assez subtil et précis.
J’aimerais bien essayer un sextoy pour la pénétration à l’occasion, mais j’ai d’autres choses à acheter et je m’en sors bien sans pour le moment : )

Tu l’as déjà fait dans des situations un peu inhabituelles ?
Je n’en ai jamais ressenti l’envie. J’ai parfois envie de rapports avec un partenaire dans des situations inhabituelles (endroits publics…) mais jamais de masturbation. Je préfère le confort, chez moi, avec des vidéos. Comme je l’ai dit je n’imagine pas de scénario dans ma tête pendant que je me masturbe, donc j’aurais du mal dans des situations inhabituelles…

Au fait, quel est ton terme préféré pour parler de la masturbation ?
Se masturber, se caresser, se toucher. Je suis très classique et anti “mots mignons” ou surnoms à la con. Je n’aime pas spécialement la sonorité de “branler”. Question d’esthétique verbale.

Pour finir, la dernière fois que tu l’as fait, c’était quand, et c’était comment ?
Cet après-midi, sous la douche, assez longuement !

Merci pour ton témoignage !


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