Le temoignage de Lucy, une jeune femme de 30 ans.
En deux mots, qui es-tu ?
Pour le moment, je vis dans une petite ville en Bourgogne. Je suis en couple libre avec un artiste qui voyage souvent. Je m’occupe d’enfants.
Aujourd’hui, pour toi, la masturbation, c’est… ?
Quotidien. Ça me détend, m’aide à dormir, ou à passer une bonne journée. Après m’être masturbée, je suis calme, je me sent très bien dans ma peau. Ça peut aussi servir à soulager une envie pressante, un trop plein d’excitation et de pensées sexuelle. Mais c’est les mêmes effets. Comment tu t’y prends ? Petite, je me touchais avec un oreiller, mais aujourd’hui, c’est avec n’importe quel un objet doux : ma couette, un vêtement, etc. Je me déshabille presque jamais, sauf quand je suis nue sous ma couette. Installée sur le dos ou parfois sur le ventre, je presse la couette où le tissu sur mon pubis avec les mains, en formant un V. Je ne touche pas mon clito, car il est hyper sensible, ou alors en l’effleurant doucement. Bref, je me touche par contact indirect sur mon clitoris en pressant.
Quand as-tu commencé ?
J’ai des souvenir précis vers 8 ans, mais ça date peut-être d’avant. Mon père n’avait surprise dans ma chambre en train de me frotter sur un traversin. Il m’avait demandé si c’était bon, d’un air amusé. Je crois que c’est aussi vers cet âge-là que je regardais les catalogues de la Redoute, aux pages lingerie hommes et femmes. J’imaginais des hommes tenus en laisse par des femmes, c’était assez animal. Ce que je ne savait pas être des fantasmes à cette époque ! J’ai été très précoce, finalement…
Et plus tard ?
Durant l’adolescence, je me masturbais très souvent, soit par ennui, soit par pulsion, car je pensais au sexe très fréquemment, et aux garçons encore plus. J’avais beaucoup de mal à me concentrer en classe et mon esprit vagabondait souvent sur des choses et d’autres. Après ma première expérience avec un garçon, mon envie n’a pas changée. Sauf que j’avais alors 18 ans et que j’étais mariée !
Comment ça ?
J’ai eu une éducation religieuse. Le sexe était un tabou, quelque chose de sale. On m’avais appris au catéchisme que c’était mal de se masturber. À 17 ans j’avais honte de ne pas pouvoir m’arrêter de de le faire ! D’une d’une façon générale, dans mon entourage, vivre une sexualité libre et affranchie est une insulte à la morale chrétienne. Ado, j’ai du faire mon éducation sexuelle avec des magazines de filles, où avec les ragots des autres filles. J’ai mis du temps pour me libérer. Ma première fois, c’était à 18 ans, avec mon futur mari ; nous n’étions pas encore marié et j’étais catastrophée ! Une connaissance est venu me parler et m’a dit “tu crois que Dieu aurais créé le sexe pour nous punir ensuite de le faire ?” Ça m’a soulagée.
Avec mon mari nous avons donc commencé à explorer des trucs. Mais je n’étais pas encore tout à fait libérée. Nous avons fini par divorcer, puis, après quelques petites aventures, j’ai rencontré le père de mon dernier enfant, un dragon destructeur. Il a dit que je m’étais comporté comme une pute, que e devais avoir honte d’avoir coucher comme ça avec d’autres hommes. Pour lui plaire, j’ai renoncé à ma féminité, à mes pulsions. Je suis resté enfermée en moi pendant cinq ans.
Ce n’est qu’en 2009 qu’un psychologue a posé des mots sur ce que je vivais avec lui. C’est à cette époque je suis aller voir du coté des libertins. J’ai découverte que ces hommes et femmes étaient équilibrés, épanouis et sains d’esprit. Dans la foulée, j’ai quitté mon ex. Je me suis enfin senti autorisé à vivre, j’étais libre, libre de faire ce que je voulais, de vivre ma sexualité et mes fantasmes comme bon me semblait. Aujourd’hui je vis très bien, j’assume ma sexualité, je n’ai aucune honte ni culpabilité.
Ton histoire t’a conduit à être aujourd’hui plus ouverte que la moyenne sur la question de la masturbation, et du sexe en général ?
Les filles en parlent plus qu’avant, je pense. Mais beaucoup de jeunes femme ont encore du mal avec le plaisir. De ce point de vue, l’âge est un avantage indéniable : on ose plus à 30 ans qu’à 20, car on sait qui on est, ce qu’on veut ou pas, on à appris à se connaître et on s’est libéré des tabous. On à perdu en naïveté pour y gagner en expérience.
La masturbation t’a-t-elle aidée à mieux connaître ton corps ?
Depuis quelque temps, oui.. Je commence à ressentir des choses que je n’avais pas ressenties auparavant, comme serrer mon périnée en me masturbant jusqu’à jouir tellement que mon utérus ce contracte (sic). Qui dit spasme, dit super orgasme ! Je me souviens d’un qui m’a laissé complètement décontractée durant une heure.
C’est comment, tes orgasmes, quand tu te masturbes ?
Quand je me touche, je sens comme une montée de plaisir, l’impression de gravir un escalier, jusqu’à ce que j’explose… C’est une sensation de relâchement qui se diffuse très vite dans tout mon corps, me donne des frisson et la chair de poule jusque sur les jambes et fait battre mon coeur très fort dans ma poitrine !
Se masturber, c’est meilleur ou moins bon que faire l’amour ?
C’est différent. Se masturber, c’est pour soi. On sait que l’orgasme viendra quoiqu’on fasse. Faire l’amour, c’est partager quelque chose, être en relation. Ça n’aboutit pas toujours à un orgasme. C’est plus doux, plus apaisant que de se masturber, mais beaucoup moins orgasmique pour moi. Peut-être parce qu’il est plus facile de se laisser aller quand c’est soi -même ?
Quelle place occupe la masturbation dans ton couple ?
Aucun pour le moment, mais j’aimerai beaucoup le voir se toucher. Le voir se donner du plaisir m’exciterait pas mal et me donnerait envie à mon tour de le faire devant lui ! Mais on se découvre encore et on apprend à se connaître.. Mais avec d’autres partenaires, c’est un jeu que j’aime bien. J’ai un amant par tel, ou par web cam, on se regarde se masturber, et je demande qu’il me dise des mots cru.
Ha, tu fais des cam ?
Hoo, c’est juste un jeu qui pour moi est innocent, qui me permet de découvrir que je peux me lâcher et partager ça avec un autre. J’en discute avec des amis hommes sur msn, il arrive qu’ont se raconte nos fantasme et qu’on se touche en même temps. Mais je préfère par cam, car voir un sexe en érection sans pouvoir y toucher me donne très envie ! La dernière fois, c’était mardi avec un musicien. Il m’a envoyé une vidéo de lui en train de se toucher et on s’est masturbés au tel.
Hormis regarder des hommes se branler (ou même pendant), quand tu te masturbes, à quoi tu penses ?
J’imagine que je suis avec mon chéri et qu’il m’attache les seins pour mieux les lécher, ou qu’il me traite de salope. Ou que je suis entourée de deux hommes voir plus. Ils me prennent sauvagement et me traitent de bonne salope ou de bonne petite chienne ! Je repasse aussi les scènes déjà vécu. Tout est dans ma tête.
Et le porno ?
J’aime bien. Je regarde des scènes de triolisme, ou des gang bang, où une femme se livre à cinq mec. Encore plus depuis que j’ai goûté a un vrai gang bang dans un célèbre sauna parisien ! J’aime bien aussi les dancing bear, un homme qui devient l’objet à baiser d’un groupe de femmes. Parfois je regarde des simulation de rapt, où on force la femme. Mais le porno, ce n’est pas systématique. C’est par période, quand je n’ai pas d’inspiration et que j’ai besoin de visuel pour mes propres fantasmes.
Les sextoys, tu en penses quoi ?
Qu’ils aident à découvrir et à ressentir certaines sensations méconnues. Mais j’aimerais un jour essayer un vrai vibro, qui vibre plus que celui que j’ai (un “oeuf”, qui ne vibre vraiment pas très fort). Mon idéal ce serait des vibrations dignes d’un moteur de bus ! Qui soit plus puissant afin que je puisse ressentir les vibrations dans mon vagin. Je suis clitoridienne, mais je ressens des choses très agréable dans le vagin que je ne ressentais pas avant, comme plus de plaisir à la pénétration quand mon partenaire fait des ronds de bassin !
Pour finir, quel est ton terme préféré pour parler de la masturbation ?
Me branler. Ça a un côté un peu masculin, mais j’ai grandi dans un univers de garçons. Et je crois que j’ai un coté un peu masculin : ) Merci pour ton témoignage !

